La jeunesse actuelle, elle est fan du Ché, Che Guevara, vous savez, le bienfaiteur colombien... oui, bienfaiteur, parce que lui, la révolution, il la faisait au paint-ball : bizarrement, y'avait que des cartouches rouges, mais passons... colombien, comme tout le monde le sait.
La jeunesse actuelle, elle aime pas Sarko, un vrai facho ; en plus (plus important encore), c'est un nain. Un facho poto avec l'une des plus grandes puissances européennes, et qui cherche constamment à se rapprocher de la plus grande puissance mondiale ; un facho moderne, quoi ; mais passons...
La jeunesse actuelle, elle aime bien Obama : parce qu'il est black déjà, et aussi... c'est tout en fait : ah non, j'ai failli oublier : il est beau gosse. Bah ouais, ça compte au moment de s'attaquer aux questions économiques... plan de relance dans la parfaite lignée de Bush, rappel des troupes d'Irak... destination l'Afghanistan, liens suspicieusement étroits avec Wall Street... ouais on s'en fout il est black ; passons...
(Note du Rédacteur : la jeunesse actuelle, et pas seulement, a beau préférer Obama à Sarkozy, elle préfère Mme Bruni-Sarkozy à Mme Obama ; et sur ce point, on ne peut pas trop lui en vouloir)
La jeunesse actuelle, elle aime bien se sentir aimée : alors elle fait ce qu'il faut pour ; la limite, c'est no limit ; on porte le slim comme le string, on trime au shopping ; pour éviter la déprime, tout doit sonner en « in » ; on converse en Converse, fait razzia chez Zara, H&M, c'est tout ce qu'on aime.
La jeunesse actuelle, elle a (re)popularisé le mot « soirée » : un tour en boîte de nuit, un attroupement en mode Curly, sers moi : Whisky – Coca, peu importe, ce qui compte, c'est que l'alcool coule à flots, que décollent ses sanglots : tout est lol, tout est beau.
La jeunesse actuelle, elle s'en tape d'être illettrée, c'est in, c'est décrété : la crête, s'ait tro bg, ci t'ai fine, t'ai akcepT ; parce que les modes CE propagent à vitesse grand V, parce que je suis, tu es, nous sommes ode à la dérivée. Parce qu'il faut que tout parte en couilles, que c'est cool, si on fouille, tous ces QI de moule ; mon Guess tout moulé, qui te fait mouiller, s'envoler pas que tes souliers... parce que la bouteille de flotte au prix de l'entrée, c'est pas de la carotte, juste un ticket pour se caler ou se recaler, et tant qu'on y est, en mode coupé-décalé...
La jeunesse actuelle, elle a réinventé le verbe « serrer », et en plusieurs déclinaisons s'il vous plaît : du « desserre le string », « serrER with c'brushing ? » au « m'ressert pas, ma ligne...» ; c'con c'est, sai ke la terminaizon(zon) « serrer, caresser ce dream » ne sera jamais synonyme de « se dresser pour serrer Maryline » : trop tard pour serrer ce CD, déjà rayé car on sé se que sé, le bling-bling ; so, tou sa, tu croyé ke sa vené pas de serré, mais TMTC que si, c'est vré, tu la juste pas vu kan cé passer sur TMC ; bientôt, serait, seré, être ou serrer, se sera la mèm idée. Et j'enkule tout les pédés qui ne SERRé pa en CON for Mi té. [oui, la jeunesse actuelle ne fait plus le tri, entre finesse et grossièreté ; tout sa, TMTC, sé pa ma tasse de T]
La jeunesse actuelle, elle a jeté le mot sensibilité, pour mieux se l'approprier : quand tu sais penser, tu es fermé. La sensibilité au 21ème siècle, c'est conjuguer biatch à tous les temps, présent, passé et surtout, imparfait. La jeunesse actuelle, elle est supérieure, tu peux pas test : elle a inventé les battles, des gesticulations pour hétéros refoulés ; elle a vu réinventée la conception de cité, quartier (ter-ter, dont certains cherchent encore si cela vient de terrier ou d'un mix territoire - rer), parce que c'était quand même pas assez médiatisé : il faut terroriser, communautariser pour embrasser le rêve d'embraser : tout ça, tu peux le voir avant, pendant et surtout après, à la télé.
La jeunesse actuelle, elle connait l'honnêteté (vous savez, le contraire de « focus ») : tu peux te faire tabasser dans un bus, te faire traiter de sale français, et avouer ne pas en vouloir à tes agresseurs, quitte à trouver des prétextes, disons, vraiment bien recherchés (z'étaient bourrés...) ; tu peux dire ça tout en paraissant auto-convaincu de ta thèse, tout en allant plus loin, et vouloir éviter la diffusion du fait, pour éviter que cela devienne instrumentalisé. Comme si un bobo ayant tout d'un coup du mal à rallier ses principes, mais résistant aux faits, n'était pas instrumentalisé... (j'ai pas encore lu de scénar avec rôles opposés [question origines], mais ça doit pouvoir se trouver)
La jeunesse actuelle, elle écoute toutes les ziks possibles et imaginables, le ridicule ne tue pas et il faut savoir le prouver. Chose faite avec le carton d'Artistes (avec un grand A) comme Lady Gaga, Sheryfa Luna, Katty Perry... il y en a pour tous les goûts, de l'électro, du rap, du r'n'b... de tout quoi : oui, à la question « ton style de musique », la mode est au « electro, techno, r'n'b, tout sauf du rock ». Oui, pour la jeunesse actuelle, la musique n'est pas blues, rock, métal, funk, jazz, soul, folk, classique (j'écarte la « pop »), non, elle se limite à Christophe Maé, Kanye West ou Bob Sinclar. Sinon, tapez dans Tokyo Hotel. Artistes avec un grand A, je vous dis. Combien de personnes même pas capables de vous dire ce que signifie r'n'b ? En entrant dans le rock, combien de filles se limitant aux groupes spécial groupies ? L'avènement de Tokyo Hotel, des Jonas Brothers... finalement combien de groupes qui intéressent des filles autrement que grâce à la gueule du chanteur (ou autre membre, cf le bassiste de Fall Out Boy) ?
La jeunesse actuelle, enfin, quand elle ne cède pas aux clichés, elle généralise. La preuve (au-dessus)...
Bonus
Recensement du néologisme / galvaudage et des erreurs classiques :
- Ça / Sa
- C'est << =>> C'ait
- Sait <<=>> C'est
- Trop pas
- Malgré que
- Théoriquement (je suis le 1er à la faire)
- Racisme / Raciste (celui-là, je l'aime bien ; en même temps, je vois pas non plus comment le remplacer)
- Ta geulle
- Focus (je suis fan)
- Er / é (palme d'or de la faute la plus fréquente, avec ça / sa)
- Tout / tous
- Sent =>> s'en (si si, je l'ai déjà lu...)
(Liste non exhaustive, évidemment)