There's so many shades of black...

C'est quand même dingue, ce besoin d'être aimé. Beau et dangereux, parce qu'au final, on y peut rien, chacun à ses valeurs, ses critères de jugement. On s'invente des communautés, des délires pour être ensemble, sans chercher à se découvrir. Parce que ce qui compte, c'est de ne pas être seul. C'est vrai que ça peut rendre dingue, d'être seul. Ce blog, c'est le mien, comme une réponse à mes propres vérités, mes propres interrogations ; et pourtant, le voir commenté n'est pas forcément pour me déplaire. Seulement, j'arrive encore à supprimer les pubs et les commentaires d'illettrés, parce que je ne suis pas désespéré au point d'accepter n'importe qui comme "ami". C'est un peu pareil dans ma vie de tous les jours, je n'aime vraiment pas tout le monde, j'ai comme un flair qui fait que je ne peux pas saquer certains caractères, et pourtant, je suis persuadé qu'il existe plus fermé que moi. L'argument du pire, me dira t-on... le fait est que si je peux me moquer en façade, je compatis toujours dans le fond. Parce que le rabaissement est ignoble, qu'il conduit à tant de communautarisme, de fierté... bien sur, il peut vous relever, comme pour surpasser ce besoin de revanche ; il peut aussi et surtout vous mettre au fond du trou. C'est dingue, je ne suis pas le plus à plaindre, mais certaines cicatrices me poussent encore à la compassion. Je suis plutôt malheureux dans le fond, parce que j'aime parfois dans le vide, et un boomerang comme éclipse ne serait pas du luxe ; mais que dire de ceux à qui l'on montre qu'ils ne pourront pas être aimés tels qu'ils sont ? A toutes ces personnes, je n'aurais qu'un conseil: surpassez vous, car personne ne va vous aider, et car pour beaucoup de gens aujourd'hui, l'égo a remplacé le cerveau...
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# Posté le samedi 24 octobre 2009 09:35

L'étape de l'oubli

Texte créé à chaud, un soir d'échec:

Je ne sais pas si c'est la connerie qui m'emporte, la naïveté, le désespoir, la tristesse, le regret, mais ce sentiment de devoir commencer l'étape de l'oubli me laisse un goût qui, s'il était amer, serait plus qu'appréciable, tant je me hais, tant je hais le hasard, ou tout du moins celui qu'on surnomme comme tel, qui fait que les meilleures rencontres soient éphémères.

L'étape de l'oubli, celle qui vous fait passer par tous les sentiments possibles, ceux qui vous transcendent et ceux qui vous font redescendre aussitôt : je crois qu'on pourrait appeler ça une multiplication d'ascenseurs émotionnels ; dans ce cas précis, on pourrait presque même évoquer un ascenseur émotionnel à l'accent bipolaire, tant on passe de la joie intense à la tristesse non moins profonde en moins de temps qu'il ne faut pour ne serait-ce qu'envisager de l'envisager, et surtout sans véritablement comprendre pourquoi.

Dans l'étape de l'oubli, il est illusoire de ressasser les plaisirs évidents de l'hypothèse morte née ; mais vous le faites ; il est tout aussi futile de penser qu'elle sera immortelle, si elle est indéfinie, elle aura sa fin, et le pire, c'est quand vous craigniez cette fin ; parce qu'au final, cela montre que vous êtes bien plus attachés que vous ne l'auriez cru, cela montre que vous ne voulez aller au-delà, car il est si appréciable de se rattacher au peu de rêve qu'il nous reste, comme une sorte de dépendance à l'espoir désespéré : l'espoir désespéré, beaucoup de gens le connaissent : c'est ce phénomène qui consiste à continuer à rêver, tout en sachant pertinemment que l'on a aucune chance de parvenir à son but ; la naïveté peut être prétexte à continuer à rêver, mais quand on ne l'a pas, il n'y a plus aucune raison de ne pas passer à autre chose, et on arrive au passage de la culpabilité, où l'on maudit ce que l'on considère subitement comme être notre sensibilité ultra-développée, comme s'il fallait un échec pour pouvoir estimer que l'on a véritablement un c½ur (ce qui, il me semble, reste aussi un concept [quel rapport avec le c½ur ? ne pense t-on pas par le cerveau ? oui, pour l'annonce, c'est tout de suite moins glamour]), alors qu'il faudrait plutôt évoquer des difficultés à oublier, faire table rase et avancer.

L'étape de l'oubli, avant tout, nous rend fou, pas besoin de se justifier là-dessus : je crois que le bout de texte au-dessus plaide en ma faveur ; fou, parce qu'un évènement aura suffit à nous remettre en question, alors même que l'on aurait peut-être jamais eu l'idée de le faire auparavant, ou tout du moins pas si intensément ; nous remettre en question, dans le genre « et si je n'étais pas assez bien ? si j'étais finalement vraiment pas si mature que ça ? regarde la personne en face de toi, qui arrive à concilier délires et responsabilités avec une facilité déconcertante ? vois son assurance, celle que tu n'auras pas demain la veille ; qu'est-ce qui fait qu'elle est devenue ce qu'elle me semble être, alors que moi, je ne suis finalement que ça ? qu'est-ce qui fait que j'ai l'impression que même si physiquement, je rentrais dans ses « critères », il me manquerait encore quelque chose, ce petit quelque chose, presque indescriptible, pour son attrait ? Comme un mélange de caractère, d'intelligence, de gouts, gouts qui sont peut-être plus importants ici que pour quelqu'un d'autre, car ces goûts reflètent, forgent ta personnalité, plus qu'un simple effet communautariste.

Ne pas savoir me ronge, et me dire que savoir ne me suffirait pas à atteindre mon but également, mais moins, ce qui peut paraitre plutôt curieux, disons marginal plus que paradoxal, dans le sens où je devrais préférer me dire que savoir ne sert à rien, étant donné que ce qui est fait est fait, et que la rencontre était la 1ère comme la dernière, plutôt que savoir pour avoir l'illusion d'être proche du succès, ou simplement se rassurer pour se dire que j'étais vraiment loin du compte ; est-ce là simplement de la curiosité ? Du masochisme ? Privilégier la solution de savoir, après coup, cela aide dans l'étape de l'oubli seulement si l'on présume avec un minimum de conviction, soit en restant honnête avec soi-même, que l'on était vraiment loin du compte ; dans ce cas-là, et seulement dans ce cas-là, ce n'est plus de l'auto-dévaluation, un manque de confiance, mais plutôt un constat assez rationnel mais non moins négatif de notre état ; en même temps, notre avis n'est pas saint, et nous sommes dépendants des autres, pour les normes qu'ils imposent comme pour leur (et notre) habilité à les satisfaire».

Encore ce problème assez paradoxal, entre rallier majorité ou résister, quand on penche pour la minorité tout en sachant également que la majorité devient de plus en plus écrasante, et qu'elle ne risque pas de s'écrouler de sitôt...

# Posté le jeudi 03 septembre 2009 12:30

Current youth, si ouf...

La jeunesse actuelle, elle est fan du Ché, Che Guevara, vous savez, le bienfaiteur colombien... oui, bienfaiteur, parce que lui, la révolution, il la faisait au paint-ball : bizarrement, y'avait que des cartouches rouges, mais passons... colombien, comme tout le monde le sait.

La jeunesse actuelle, elle aime pas Sarko, un vrai facho ; en plus (plus important encore), c'est un nain. Un facho poto avec l'une des plus grandes puissances européennes, et qui cherche constamment à se rapprocher de la plus grande puissance mondiale ; un facho moderne, quoi ; mais passons...

La jeunesse actuelle, elle aime bien Obama : parce qu'il est black déjà, et aussi... c'est tout en fait : ah non, j'ai failli oublier : il est beau gosse. Bah ouais, ça compte au moment de s'attaquer aux questions économiques... plan de relance dans la parfaite lignée de Bush, rappel des troupes d'Irak... destination l'Afghanistan, liens suspicieusement étroits avec Wall Street... ouais on s'en fout il est black ; passons...

(Note du Rédacteur : la jeunesse actuelle, et pas seulement, a beau préférer Obama à Sarkozy, elle préfère Mme Bruni-Sarkozy à Mme Obama ; et sur ce point, on ne peut pas trop lui en vouloir)

La jeunesse actuelle, elle aime bien se sentir aimée : alors elle fait ce qu'il faut pour ; la limite, c'est no limit ; on porte le slim comme le string, on trime au shopping ; pour éviter la déprime, tout doit sonner en « in » ; on converse en Converse, fait razzia chez Zara, H&M, c'est tout ce qu'on aime.

La jeunesse actuelle, elle a (re)popularisé le mot « soirée » : un tour en boîte de nuit, un attroupement en mode Curly, sers moi : Whisky – Coca, peu importe, ce qui compte, c'est que l'alcool coule à flots, que décollent ses sanglots : tout est lol, tout est beau.

La jeunesse actuelle, elle s'en tape d'être illettrée, c'est in, c'est décrété : la crête, s'ait tro bg, ci t'ai fine, t'ai akcepT ; parce que les modes CE propagent à vitesse grand V, parce que je suis, tu es, nous sommes ode à la dérivée. Parce qu'il faut que tout parte en couilles, que c'est cool, si on fouille, tous ces QI de moule ; mon Guess tout moulé, qui te fait mouiller, s'envoler pas que tes souliers... parce que la bouteille de flotte au prix de l'entrée, c'est pas de la carotte, juste un ticket pour se caler ou se recaler, et tant qu'on y est, en mode coupé-décalé...

La jeunesse actuelle, elle a réinventé le verbe « serrer », et en plusieurs déclinaisons s'il vous plaît : du « desserre le string », « serrER with c'brushing ? » au « m'ressert pas, ma ligne...» ; c'con c'est, sai ke la terminaizon(zon) « serrer, caresser ce dream » ne sera jamais synonyme de « se dresser pour serrer Maryline » : trop tard pour serrer ce CD, déjà rayé car on sé se que sé, le bling-bling ; so, tou sa, tu croyé ke sa vené pas de serré, mais TMTC que si, c'est vré, tu la juste pas vu kan cé passer sur TMC ; bientôt, serait, seré, être ou serrer, se sera la mèm idée. Et j'enkule tout les pédés qui ne SERRé pa en CON for Mi té. [oui, la jeunesse actuelle ne fait plus le tri, entre finesse et grossièreté ; tout sa, TMTC, sé pa ma tasse de T]

La jeunesse actuelle, elle a jeté le mot sensibilité, pour mieux se l'approprier : quand tu sais penser, tu es fermé. La sensibilité au 21ème siècle, c'est conjuguer biatch à tous les temps, présent, passé et surtout, imparfait. La jeunesse actuelle, elle est supérieure, tu peux pas test : elle a inventé les battles, des gesticulations pour hétéros refoulés ; elle a vu réinventée la conception de cité, quartier (ter-ter, dont certains cherchent encore si cela vient de terrier ou d'un mix territoire - rer), parce que c'était quand même pas assez médiatisé : il faut terroriser, communautariser pour embrasser le rêve d'embraser : tout ça, tu peux le voir avant, pendant et surtout après, à la télé.

La jeunesse actuelle, elle connait l'honnêteté (vous savez, le contraire de « focus ») : tu peux te faire tabasser dans un bus, te faire traiter de sale français, et avouer ne pas en vouloir à tes agresseurs, quitte à trouver des prétextes, disons, vraiment bien recherchés (z'étaient bourrés...) ; tu peux dire ça tout en paraissant auto-convaincu de ta thèse, tout en allant plus loin, et vouloir éviter la diffusion du fait, pour éviter que cela devienne instrumentalisé. Comme si un bobo ayant tout d'un coup du mal à rallier ses principes, mais résistant aux faits, n'était pas instrumentalisé... (j'ai pas encore lu de scénar avec rôles opposés [question origines], mais ça doit pouvoir se trouver)

La jeunesse actuelle, elle écoute toutes les ziks possibles et imaginables, le ridicule ne tue pas et il faut savoir le prouver. Chose faite avec le carton d'Artistes (avec un grand A) comme Lady Gaga, Sheryfa Luna, Katty Perry... il y en a pour tous les goûts, de l'électro, du rap, du r'n'b... de tout quoi : oui, à la question « ton style de musique », la mode est au « electro, techno, r'n'b, tout sauf du rock ». Oui, pour la jeunesse actuelle, la musique n'est pas blues, rock, métal, funk, jazz, soul, folk, classique (j'écarte la « pop »), non, elle se limite à Christophe Maé, Kanye West ou Bob Sinclar. Sinon, tapez dans Tokyo Hotel. Artistes avec un grand A, je vous dis. Combien de personnes même pas capables de vous dire ce que signifie r'n'b ? En entrant dans le rock, combien de filles se limitant aux groupes spécial groupies ? L'avènement de Tokyo Hotel, des Jonas Brothers... finalement combien de groupes qui intéressent des filles autrement que grâce à la gueule du chanteur (ou autre membre, cf le bassiste de Fall Out Boy) ?

La jeunesse actuelle, enfin, quand elle ne cède pas aux clichés, elle généralise. La preuve (au-dessus)...

Bonus

Recensement du néologisme / galvaudage et des erreurs classiques :

- Ça / Sa
- C'est << =>> C'ait
- Sait <<=>> C'est
- Trop pas
- Malgré que
- Théoriquement (je suis le 1er à la faire)
- Racisme / Raciste (celui-là, je l'aime bien ; en même temps, je vois pas non plus comment le remplacer)
- Ta geulle
- Focus (je suis fan)
- Er / é (palme d'or de la faute la plus fréquente, avec ça / sa)
- Tout / tous
- Sent =>> s'en (si si, je l'ai déjà lu...)

(Liste non exhaustive, évidemment)

# Posté le dimanche 09 août 2009 18:57

Modifié le dimanche 09 août 2009 19:40

Je ne m'aime, toi non plus.

Je ne m'aime, toi non plus.
What the fuck ? Poème perso, à lire en mode slam / rap (soit hacher chaque ligne en deux, comme s'il y avait une virgule au milieu) pour les rimes et les syllabes.

Sujet: simple conséquence d'une réflexion portant sur le fait d'être torturé entre d'un côté le choix de rester naturel quitte à ne pas plaire, et de l'autre celui de s'adapter pour être aimé (ouais basique, je sais).


Je ne m'aime, toi non plus.

Quand on fait le bilan
Qu'on compile ces moments
Où l'on peine on regrette
Cette haine qui nous guette

On retient nos défauts
Stigmatise ce qu'il faut
Que l'on soit que l'on fasse
Tous ces choix qui nous lassent

Quand on arrive
Au seuil de la remise en cause
Que l'on dérive
Qu'on adhère à ces choses
Sensées te rendre si apprêté
Le temps de comprendre que t'as raté
Que ta méthode est dépassée
Que le naturel doit l'emporter

Tant pis si t'es ce qu'il ne plait
Qu'à une petite minorité
Pourquoi renier ce que l'on est
Ce qui serait immérité

Pourquoi tricher pour vivre en paix
Est-ce un grand vice
Qu'on ne peut contrer
Pourquoi leurrer intégrité
Quand on s'enlise
Dans nos faussetés

Doit-on chercher
A bousculer
Ce que l'on nomme le destin
Pour échanger
Nos volontés
Contre celles d'un homme avec instinct

Tant pis si je dois déprimer
Le temps succède aux comprimés
Il passera comme ma volonté
Si éreintée, désespérée
Elle qui rêve de
Concilier
Les mots aimer et partagé

# Posté le jeudi 23 juillet 2009 22:09

Modifié le jeudi 23 juillet 2009 22:26